Catégorie : DROIT

études juridiques relatives aux obligations alimentaires et à la contribution aux frais d’éducation et d’entretien

fixer une pension alimentaire sans procédure judiciaire

Fixer une pension à l’amiable. L’actuel projet de réforme de la justice prévoit divers modes de déjudiciarisation et simplification des procédures, dont une expérimentation d’un nouveau mode de révision de la pension alimentaire.

les accords et les procédures amiables

Rappelons que les parents ont toujours la possibilité de fixer amiablement une pension alimentaire pour les frais d’éducation et d’entretien de leurs enfants. Les parents peuvent toujours, qu’ils vivent séparément ou non, fixer amiablement la pension qu’ils vont verser ou que l’un d’eux versera au profit d’un enfant majeur vivant hors du foyer, pendant le temps de ses études. Et à l’égard d’un enfant mineur, les parents vivant séparément peuvent toujours s’entendre entre eux sur le montant de la pension que l’un des deux va verser au parent chez qui la résidence de l’enfant est fixée. Ces pensions sont déductibles du revenu imposable, dans les limites fixées par l’administration fiscale.

La pension peut aussi être fixée par convention, signée par les deux parents.

La contribution peut aussi être fixée par acte rédigé par un avocat et signé par lui.

Un tel accord peut aussi être homologué par le juge, sans audience.

Il existe un autre cas d’accord amiable, qui a l’autorité d’une décision de justice et donc bénéficie de la force exécutoire, mais qui n’a pas besoin d’être homologué par le juge, c’est la contribution fixée par la convention de divorce par consentement mutuel, avec l’assistance de deux avocats et enregistré devant notaire. Dans ce cas, la convention de divorce qui fixe le montant de la contribution a force exécutoire, sans recours au juge.

l’accord entériné par la CAF

Les parents qui s’accordent sur le montant de la pension alimentaire pour les enfants peuvent également demander au directeur de la caisse d’allocation familiale de donner force exécutoire à leur accord, ce que celui-ci fera à condition que le montant de la contribution aux frais d’éducation et d’entretien soit au minimum du montant fixé par un barème publié par décret. Cette disposition prévue par la loi de décembre 2016 devait entrer en application le 1er avril 2018 ; la mise en œuvre de cette mesure dépend de la publication prochaine d’un barème par décret. En toute logique, ce barème sera harmonisé avec la table de référence publiée par le ministère de la justice.

l’expérimentation d’un nouveau mode de fixation amiable

C’est dans ce cadre général que prendra place la nouvelle disposition prévue par le projet de réforme de la justice, qui devrait faire l’objet d’une première phase d’expérimentation.

Le projet de réforme de la justice prévoit en effet une habilitation du Gouvernement à prendre par ordonnance, à titre expérimental, les mesures nécessaires pour permettre la délivrance des titres exécutoires afférents à la modification des contributions à l’entretien et à l’éducation des enfants, autrement que par l’obtention d’une décision juridictionnelle du juge aux affaires familiales.

Sollicité pour donner son avis sur le projet de loi, le conseil d’État a estimé que cette disposition apparaît propre à favoriser l’appréciation du dispositif envisagé au regard des objectifs qu’il recherche et qu’il est de nature à décharger les juges aux affaires familiales et à accélérer la mise à exécution des décisions de modification de ces contributions.

Cependant le Conseil d’État remarque que la rédaction initiale du projet prévoyant de confier la délivrance de ces titres exécutoires à toute autorité ou organisme soumis au contrôle de l’État était excessivement vague. Il propose, conformément aux intentions du Gouvernement, de désigner expressément les caisses d’allocations familiales. Il apporte cette précision, en ajoutant que l’ordonnance devra prévoir les garanties de compétence et d’impartialité que devront présenter les personnels affectés à cette activité. Il conserve par ailleurs la possibilité de confier la délivrance de ces titres exécutoires aux officiers publics et ministériels. Il estime que les conditions dans lesquelles est circonscrite la délivrance de ces titres exécutoires et l’application d’un barème national pour décider la modification d’une contribution préviennent le risque de solutions disparates dans des situations complexes. Le Conseil d’État relève que le recours possible devant le juge aux affaires familiales est de nature à protéger les droits et intérêts des parties.

Le projet de loi et l’avis du conseil d’état s’inscrivent donc dans une évolution générale, en œuvre dans de nombreux pays, où la pension alimentaire n’est pas toujours ni obligatoirement fixée par un juge, mais selon divers modalités amiables ou administratives, à charge de recours devant un juge en cas de nécessité. En France, compte tenu du rôle prééminent des caisses d’allocations familiales, renforcé encore par la création d’une agence de recouvrement des pensions alimentaire, les caisses d’allocations familiales paraissent effectivement les mieux placées pour rendre ce service aux parents, lorsqu’il n’y a pas de conflit. Ce serait une mauvaise idée de multiplier encore les intervenants.

Et en cas de contentieux, la médiation familiale devrait être privilégiée ou la procédure collaborative par avocats, tout en préservant le droit de tout parent de saisir le juge aux affaires familiales, en cas de nécessité et/ou de litige.

avis du conseil d’état sur le projet de réforme de la justice

Les pensions alimentaires pour les enfants : droit, économie, barème

L’ABC de la contribution. Présentation juridique, économique et sociale de la contribution aux frais d’éducation et d’entretien des enfants et du barème des pensions alimentaires.

La contribution aux frais d’éducation et d’entretien des enfants constitue l’une des obligations alimentaires prévues par le code civil. La loi consacre en effet les solidarités naturelles au sein de la famille, solidarités entre époux, entre partenaires, voire entre concubins, entre beaux-parents et gendres et belles-filles, entre parents et enfants, grands-parents et petit-enfants, obligations qui sont réciproques. Cette présentation étudie la contribution dans le cadre plus général des obligations alimentaires au sein de la famille. 

Le contentieux judiciaire de la contribution constitue un contentieux important au sein de l’activité du tribunal de grande instance, et peut compliquer les relations familiales. L’élaboration d’un barème de référence vise à pacifier le contentieux familial et faciliter la fixation équitable du montant de la contribution, en cas de séparation parentale.

La table de référence se base sur une analyse statistique et économique des besoins de l’enfant. La contribution de chaque parent ne constitue pas le seul mode de financement de l’éducation et des besoins des enfants, mais il constitue une part non négligeable pour les familles monoparentales. Dans tous les cas, la contribution doit être fixée en proportion des besoins et des ressources des parents.

La contribution pour les enfants. Problèmes et solutions. Élaboration d’un barème et application.

Barème indicatif ou impératif ?

table 2015
Table de référence 2015

Barème indicatif ou impératif ?

Le barème des pensions alimentaires (table de référence) est-il obligatoire ? S’impose-t-il aux parents, aux avocats et aux juges ?

Parmi les solutions envisageables pour aider les juges à déterminer le montant d’une pension alimentaire, trois types de référentiels se dégagent:

Les Mandatory Guidelines, référentiels légaux qui s’imposent aux parties et à l’administration.

Les Presumptive Guidelines, référentiels à valeur de présomption auxquels le juge peut déroger par décision motivée.

Les Suggested Guidelines, ou référentiels indicatifs que les juges ont toute latitude de suivre ou non.

Mandatory guidelines

Les mandatory guidelines sont les barèmes établis pour les agences administratives, telle la Child support Agency qui, en Australie, fixe le montant des pensions alimentaires selon une procédure amiable ou administrative, à charge d’appel devant un juge2. Si ce principe était retenu en France, on pourrait envisager que les caisses d’allocations familiales fixent, en cas de séparation parentale, le montant de la contribution aux frais d’éducation et d’entretien des enfants, que l’un des parents devra payer à l’autre. Ce montant serait déterminé en fonction d’un barème, publié par décret, qui s’imposerait à tous. Cependant, le montant retenu pourrait être contesté par les parents concernés, en formant un recours en justice contre cette décision, par exemple devant le juge aux affaires familiales.

Presumptive guidelines

Les présumptive guidelines sont des barèmes applicables par le juge, à valeur de présomption, mais auxquels le juge peut déroger, par motivation spéciale, comme c’est le cas dans certains États américains3. Si ce principe était retenu en France, les contributions seraient fixées par le juge aux affaires familiales en application d’un barème publié par décret. Le juge conserverait le pouvoir de déroger aux montants préconisés par le barème, à condition de motiver cette dérogation. En effet, les montants préconisés par le barème auraient valeur de présomption, présomption qu’il sera possible de renverser en rapportant la preuve de circonstances particulières.

Suggested guidelines

Les suggested guidelines sont des référentiels indicatifs que le juge a toute latitude de suivre ou non. C’est cette formule qui a été choisie en France, avec la table de référence des pensions alimentaires publiée par simple circulaire4. Son application par le juge ne dispense pas de motiver sa décision selon les éléments de l’espèce5. C’est ce principe qui qui prévaut actuellement en France. La table de référence des pensions alimentaires n’a aucun caractère obligatoire. Les parents peuvent convenir librement de fixer le montant de la contribution sans faire référence au barème. Le juge n’est pas tenu d’appliquer le barème. Le barème a une valeur indicative. Son autorité est celle que les parties et les praticiens du droit veulent bien lui accorder.

Notes :

2 http://guides.dss.gov.au/child-support-guide/2/8/1
3 Cf Guidelines de l’Etat de Californie : http://www.leginfo.ca.gov/
4 circulaire du Ministère de la justice, CIV/06/10 du 12 avril 2010
5 Neyrinck C., Bardout J.-C., Note et commentaire d’arrêt, Droit de la famille, Lexisnexis jurisclasseur, déc. 2013, p.44 ; Bazin É., La Semaine Juridique Édition Générale n° 49, 2 Déc. 2013

 
La table de référence actualisée est en ligne sur le site du ministère de la justice, ainsi qu’un simulateur pour déterminer le montant de la pension alimentaire en fonction du montant du revenu, du nombre total d’enfant à charge et de l’amplitude du droit d’accueil.

https://www.justice.fr/simulateurs/pensions

simulateur de pension alimentaire publié sur le site justice.fr

https://www.justice.fr/simulateurs/pensions/bareme

barème 2017 des pensions alimentaires pour enfant publié sur le site justice.fr

 

Garantie contre les impayés de pension alimentaire

table 2015DEUX INNOVATIONS POUR LES PENSIONS ALIMENTAIRES

La loi du 4 août 2014 sur l’égalité des hommes et femmes comporte deux avancées importantes en matière de contribution aux frais d’éducation et d’entretien d’un enfant. Son article 27 instaure une expérimentation pour une allocation de soutien familial différentielle (ou complémentaire) et une garantie contre les impayés de pension alimentaire (GIPA). Ces deux innovations sont mises en oeuvre par une vingtaine de Caisse d’allocation familiale.

L’ALLOCATION DE SOUTIEN FAMILIAL COMPLÉMENTAIRE

Premièrement, elle prévoit une articulation entre le montant de la contribution versée par l’un des parents et le montant de l’allocation de soutien familial versée par la Caisse d’allocations familiales. Si la contribution est inférieure au montant de l’ASF (100,08 €), la Caisse d’allocations familiales verse la différence. Cela permet aux parents ou aux juges de fixer des contributions inférieures au montant maximum de l’ASF sans priver totalement le parent en charge de l’enfant du bénéfice de cette allocation.

LA GARANTIE DES IMPAYÉS DE PENSION ALIMENTAIRE

Deuxièmement, la loi prévoit un mécanisme renforcé de garanties de paiement des impayés de pension alimentaire (GIPA). Cependant, ces deux innovations ne sont introduites qu’à titre expérimental, dans vingt départements.

« I. – Afin d’améliorer la situation des personnes qui élèvent seules leurs enfants à la suite d’une séparation ou d’un divorce, un mécanisme de renforcement des garanties contre les impayés de pensions alimentaires est expérimenté.

Cette expérimentation s’applique aux bénéficiaires de l’allocation de soutien familial, résidant ou ayant élu domicile dans les départements dont la liste est fixée par arrêté, ainsi qu’aux débiteurs de créances alimentaires à l’égard desdits bénéficiaires, quel que soit leur lieu de résidence.

II. – Le directeur de l’organisme débiteur des prestations familiales peut, en vue de faciliter la fixation de l’obligation d’entretien par l’autorité judiciaire, transmettre au parent bénéficiaire de l’allocation de soutien familial les renseignements dont il dispose concernant l’adresse et la solvabilité du débiteur.

III. – il est dérogé au 3° de l’article L. 523-1 et aux articles L. 581-2 et L. 581-3 du code de la sécurité sociale afin d’ouvrir le droit à l’allocation différentielle de soutien familial au parent dont la créance alimentaire pour enfants est inférieure au montant de l’allocation de soutien familial même lorsque le débiteur s’acquitte intégralement du paiement de ladite créance. Dans ce cas, l’allocation différentielle versée n’est pas recouvrée et reste acquise à l’allocataire.

Pour plus d’informations sur la garantie des impayés de pension alimentaire et l’allocation de soutien familial complémentaire, cliquez sur le lien suivant :

Droit des obligations alimentaires au sein de la famille

table 2015L’OBLIGATION PARENTALE D’ÉDUCATION ET D’ENTRETIEN

Tout enfant a le droit d’être élevé, nourri, soigné, protégé par ses parents (« C’est aux parents ou autres personnes ayant la charge de l’enfant qu’incombe au premier chef la responsabilité d’assurer, dans les limites de leurs possibilités et de leurs moyens financiers, les conditions de vie nécessaires au développement de l’enfant ». Art. 27 de la Convention internationale des droits de l’enfant).

Il s’agit d’une obligation naturelle et morale, que tout parent honore en principe spontanément. Il s’agit aussi d’une obligation légale, imposée et définie par la loi (les parents doivent protéger l’enfant « dans sa sécurité, sa santé et sa moralité, pour assurer son éducation et permettre son développement » (art. 371-1 du code civil).

Juridiquement, l’obligation alimentaire comprend tout ce qui est nécessaire à la vie. L’obligation alimentaire de l’article 205 du code civil ne concerne pas seulement la nourriture. Les aliments recouvrent tous les besoins essentiels de la personne : nourriture, habillement, logement, soins, etc.

En outre, l’obligation alimentaire des parents à l’égard de l’enfant inclut celle de financer l’éducation de l’enfant (« Chacun des parents contribue à l’entretien et à l’éducation des enfants » art. 371-2 premier alinéa du code civil).

Cette obligation perdure jusqu’à ce que l’enfant a terminé ses études et est autonome financièrement (« Cette obligation ne cesse pas de plein droit lorsque l’enfant est majeur » art. 371-2 second alinéa).

Le montant de cette contribution est fixée en fonction des ressources des parents et des besoins de l’enfant (« Chacun des parents contribue à l’entretien et à l’éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l’autre parent, ainsi que des besoins de l’enfant. » (art. 371-2 du code civil).

La contribution aux frais d’éducation et d’entretien de l’enfant suit donc les mêmes règles que toute autre obligation alimentaire : par définition, une pension alimentaire est proportionnelle aux ressources de celui qui la verse le débiteur et aux besoins de celui qui la reçoit le créancier.

Historiquement, l’obligation alimentaire envers l’enfant découlait du mariage : « Les époux contractent ensemble, par le fait seul du mariage, l’obligation de nourrir, entretenir et élever leurs enfants. » (Art. 203, Loi du 17 mars 1803).

Désormais, l’obligation alimentaire est fondée sur la filiation. Elle découle du seul fait de l’établissement de la filiation, par la reconnaissance volontaire ou par un jugement. Il n’y a aucune différence à cet égard selon l’origine de la filiation (légitime, naturelle, adoptive)

La contribution aux frais d’éducation et d’entretien de l’enfant ne constitue pas la seule obligation alimentaire. Les obligations alimentaires sont réciproques et concernent l’ensemble de la famille. Elle expriment la force de la solidarité familiale. Il y a les obligations alimentaires au sein du couple, celles des parents et grands-parents à l’égard des enfants, celles des enfants à l’égard des ascendants.

 

Art. 27 de la convention internationale des droits de l’enfant

1. Les États parties reconnaissent le droit de tout enfant à un niveau de vie suffisant pour permettre son développement physique, mental, spirituel, moral et social.

2. C’est aux parents ou autres personnes ayant la charge de l’enfant qu’incombe au premier chef la responsabilité d’assurer, dans les limites de leurs possibilités et de leurs moyens financiers, les conditions de vie nécessaires au développement de l’enfant.

3. Les États parties adoptent les mesures appropriées, compte tenu des conditions nationales et dans la mesure de leurs moyens, pour aider les parents et autres personnes ayant la charge de l’enfant à mettre en œuvre ce droit et offrent, en cas de besoin, une assistance matérielle et des programmes d’appui, notamment en ce qui concerne l’alimentation, le vêtement et le logement.

4. Les États parties prennent toutes les mesures appropriées en vue d’assurer le recouvrement de la pension alimentaire de l’enfant auprès de ses parents ou des autres personnes ayant une responsabilité financière à son égard, que ce soit sur leur territoire ou à l’étranger. En particulier, pour tenir compte des cas où la personne qui a une responsabilité financière à l’égard de l’enfant vit dans un État autre que celui de l’enfant, les États parties favorisent l’adhésion à des accords internationaux ou la conclusion de tels accords ainsi que l’adoption de tous autres arrangements appropriés.

LES OBLIGATIONS ALIMENTAIRES ET LA SOLIDARITÉ FAMILIALE

Au sein du couple, il y a les obligations entre époux et celles concernant les pacsés. Les obligations entre époux comprennent la contribution aux charges du mariage, la pension alimentaire fondée sur le devoir de secours au cours de la procédure de divorce, la pension alimentaire entre époux séparés de corps, et même la prestation compensatoire au moment du divorce. Les partenaires du PACS se doivent une aide matérielle et une assistance réciproques.

Les obligations alimentaires des enfants envers les ascendants comprennent celles envers les parents, les beaux-parents, les grands-parents. Réciproquement, les grands-parents ont une obligation alimentaire envers les petits-enfants, subsidiaire à celle des parents, tout comme les adoptants simples.

LES OBLIGATIONS ALIMENTAIRES SELON LE CODE CIVIL

Art. 205

Les enfants doivent des aliments à leurs père et mère ou autres ascendants qui sont dans le besoin.

Art. 206

Les gendres et belles-filles doivent également, et dans les mêmes circonstances, des aliments à leur beau-père et belle-mère, mais cette obligation cesse lorsque celui des époux qui produisait l’affinité et les enfants issus de son union avec l’autre époux sont décédé

Art. 207

Les obligations résultant de ces dispositions sont réciproques.

Néanmoins, quand le créancier aura lui-même manqué gravement à ses obligations envers le débiteur, le juge pourra décharger celui-ci de tout ou partie de la dette alimentaire.

Art. 208

Les aliments ne sont accordés que dans la proportion du besoin de celui qui les réclame, et de la fortune de celui qui les doit.

Le juge peut, même d’office, et selon les circonstances de l’espèce, assortir la pension alimentaire d’une clause de variation permise par les lois en vigueur.

Art. 209

Lorsque celui qui fournit ou celui qui reçoit des aliments est replacé dans un état tel, que l’un ne puisse plus en donner, ou que l’autre n’en ait plus besoin en tout ou partie, la décharge ou réduction peut en être demandée.

Art. 210

Si la personne qui doit fournir des aliments justifie qu’elle ne peut payer la pension alimentaire, le juge aux affaires familiales pourra, en connaissance de cause, ordonner qu’elle recevra dans sa demeure, qu’elle nourrira et entretiendra celui auquel elle devra des aliments

Art. 211

Le juge aux affaires familiales prononcera également si le père ou la mère qui offrira de recevoir, nourrir et entretenir dans sa demeure, l’enfant à qui il devra des aliments, devra dans ce cas être dispensé de payer la pension alimentaire.

Art. 212

Les époux se doivent mutuellement respect, fidélité, secours, assistance.

Art. 213

Les époux assurent ensemble la direction morale et matérielle de la famille. Ils pourvoient à l’éducation des enfants et préparent leur avenir.

Art. 214

Si les conventions matrimoniales ne règlent pas la contribution des époux aux charges du mariage, ils y contribuent à proportion de leurs facultés respectives.

Si l’un des époux ne remplit pas ses obligations, il peut y être contraint par l’autre dans les formes prévues au code de procédure civile.

Art. 255

Le juge peut notamment … Fixer la pension alimentaire et la provision pour frais d’instance que l’un des époux devra verser à son conjoint, désigner celui ou ceux des époux qui devront assurer le règlement provisoire de tout ou partie des dettes.

Art. 303

La séparation de corps laisse subsister le devoir de secours ; le jugement qui la prononce ou un jugement postérieur fixe la pension alimentaire qui est due à l’époux dans le besoin.

Cette pension est attribuée sans considération des torts …

Cette pension est soumise aux règles des obligations alimentaires.

Toutefois, lorsque la consistance des biens de l’époux débiteur s’y prête, la pension alimentaire est remplacée, en tout ou partie, par la constitution d’un capital … Si ce capital devient insuffisant pour couvrir les besoins du créancier, celui-ci peut demander un complément sous forme de pension alimentaire.

Art. 270

Le divorce met fin au devoir de secours entre époux.

L’un des époux peut être tenu de verser à l’autre une prestation destinée à compenser, autant qu’il est possible, la disparité que la rupture du mariage crée dans les conditions de vie respectives. Cette prestation a un caractère forfaitaire. Elle prend la forme d’un capital dont le montant est fixé par le juge.

Toutefois, le juge peut refuser d’accorder une telle prestation si l’équité le commande,

Art. 367

L’adopté doit des aliments à l’adoptant s’il est dans le besoin et, réciproquement, l’adoptant doit des aliments à l’adopté. Les père et mère de l’adopté ne sont tenus de lui fournir des aliments que s’il ne peut les obtenir de l’adoptant. L’obligation de fournir des aliments à ses père et mère cesse pour l’adopté dès lors qu’il a été admis en qualité de pupille de l’État ou pris en charge dans les délais prescrits à l’article L. 132-6 du code de l’action sociale et des familles.

Art. 371-1

L’autorité parentale est un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l’intérêt de l’enfant.

Elle appartient aux parents jusqu’à la majorité ou l’émancipation de l’enfant pour le protéger dans sa sécurité, sa santé et sa moralité, pour assurer son éducation et permettre son développement, dans le respect dû à sa personne.

Les parents associent l’enfant aux décisions qui le concernent, selon son âge et son degré de maturité.

Art. 371-2

Chacun des parents contribue à l’entretien et à l’éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l’autre parent, ainsi que des besoins de l’enfant.

Cette obligation ne cesse pas de plein droit lorsque l’enfant est majeur.

Art. 373-2-2

En cas de séparation entre les parents, ou entre ceux-ci et l’enfant, la contribution à son entretien et à son éducation prend la forme d’une pension alimentaire versée, selon le cas, par l’un des parents à l’autre, ou à la personne à laquelle l’enfant a été confié.

Les modalités et les garanties de cette pension alimentaire sont fixées par la convention homologuée visée à l’article 373-2-7 ou, à défaut, par le juge. Cette convention ou, à défaut, le juge peut prévoir le versement de la pension alimentaire par virement bancaire ou par tout autre moyen de paiement.

Cette pension peut en tout ou partie prendre la forme d’une prise en charge directe de frais exposés au profit de l’enfant.

Elle peut être en tout ou partie servie sous forme d’un droit d’usage et d’habitation.

Art. 373-2-3

Lorsque la consistance des biens du débiteur s’y prête, la pension alimentaire peut être remplacée, en tout ou partie, sous les modalités et garanties prévues par la convention homologuée ou par le juge, par le versement d’une somme d’argent entre les mains d’un organisme accrédité chargé d’accorder en contrepartie à l’enfant une rente indexée, l’abandon de biens en usufruit ou l’affectation de biens productifs de revenus.

Art. 373-2-4

L’attribution d’un complément, notamment sous forme de pension alimentaire, peut, s’il y a lieu, être demandée ultérieurement.

Art. 373-2-5

Le parent qui assume à titre principal la charge d’un enfant majeur qui ne peut lui-même subvenir à ses besoins peut demander à l’autre parent de lui verser une contribution à son entretien et à son éducation. Le juge peut décider ou les parents convenir que cette contribution sera versée en tout ou partie entre les mains de l’enfant.

Art. 515-4

Les partenaires liés par un pacte civil de solidarité s’engagent à une vie commune, ainsi qu’à une aide matérielle et une assistance réciproques. Si les partenaires n’en disposent autrement, l’aide matérielle est proportionnelle à leurs facultés respectives.

Les partenaires sont tenus solidairement à l’égard des tiers des dettes contractées par l’un d’eux pour les besoins de la vie courante.

Pour saisir le juge aux affaires familiales d’une demande de pension alimentaire, consultez le site

Eric Bazin, l’arrêt de la cour de cassation du 23 octobre 2013

table 2015ERIC BAZIN, NOTE SOUS ARRÊT

Dans cette note publiée dans La Semaine Juridique Édition Générale n° 49, 2 Décembre 2013, sous l’arrêt du 23 octobre 2013, Eric Bazin, magistrat, rappelle les conditions et raisons de l’élaboration d’une table de référence, enregistre le rejet de ce barème par la cour de cassation et analyse celui-ci comme une provocation à l’égard du législateur ou du ministère de la justice, afin de clarifier le statut légal de cette table.

« Dans une circulaire du 12 avril 2010 (…) le ministère de la Justice a diffusé une table de référence purement indicative afin d’aider les praticiens à fixer la contribution à l’entretien et à l’éducation des enfants. Cette table est le fruit d’un groupe de travail interdisciplinaire (V. J.-C. Bardout et I. Lorthios, La table de référence des contributions aux frais d’éducation et d’entretien : Dr. famille 2010, étude 24. – I. Sayn et C. Bourreau-Dubois, Présentation de la table de référence pour fixer le montant de la contribution à l’entretien et à l’éducation des enfants : AJF 2010, p 458. – Adde, Les contentieux familiaux : Lextenso, Les intégrales, p. 418-419, n° 1034) qui s’est inspiré des expériences étrangères (V. J.-C. Bardout, Expériences étrangères. Droit et pratiques comparées des pensions alimentaires pour enfant : Dr. famille 2010, dossier 2. – V. encore, J.-C. Bardout, Les conditions procédurales de l’utilisation des barèmes en matière de pension alimentaire – l’apport du droit comparé : AJF 2007, p. 428) et fondé sur l’article 371-2 du Code civil aux termes duquel « Chacun des parents contribue à l’entretien et à l’éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l’autre parent, ainsi que des besoins de l’enfant » (la loi n° 2002-305 du 4 mars 2002 relative à l’autorité parentale a ainsi voulu rappeler dans un texte fondateur et de principe que chaque parent est tenu de contribuer à l’entretien et à l’éducation de ses enfants mineurs ou majeurs encore à charge). »

Eric Bazin retient de l’arrêt du 23 octobre 2013, que la première chambre civile de la Cour de la cassation « interdit aux juges des affaires familiales de se fonder sur cette table ».

(…) La question de droit posée à la Haute juridiction est ainsi la suivante : le juge peut-il fixer une contribution à l’entretien et à l’éducation d’un enfant par référence à un barème mis à sa disposition par une circulaire du ministère de la Justice ?

La première chambre civile de la Cour de cassation répond négativement en décidant, au visa de l’article 371-2 du Code civil, qu’en fondant sa décision sur une table de référence, fût-elle annexée à une circulaire, la cour d’appel, à laquelle il incombait de fixer le montant de la contribution litigieuse en considération des seules facultés contributives des parents de l’enfant et des besoins de celui-ci, a violé, par fausse application, l’article susvisé. »

Selon Eric Bazin, la cour de cassation rappelle aux juges qu’ils ne peuvent pas se contenter « d’appliquer mécaniquement un barème sans motiver leur décision selon les critères légaux et les éléments de fait de l’espèce ».

« Pour autant, cela ne signifie pas que le barème instauré par cette table de référence est remis en question (V. La table de référence des pensions alimentaires retoquée, Forum Famille Dalloz, 24 oct. 2013. – Adde, l’interview de J.-C. Bartout, in Le Barème des pensions alimentaires est-il remis en question ? : AJF 2013, p. 598). En effet, la Cour de cassation n’a certainement pas voulu interdire aux juges du fond de s’aider en utilisant un barème des pensions alimentaires (…), d’autant plus que les barèmes sont nombreux (il suffit de mentionner pour le plus important le barème d’indemnisation des préjudices corporels fréquemment utilisé dans les juridictions. (…). D’ailleurs, le juge n’est pas tenu de s’expliquer sur le barème qu’il utilise pour prendre sa décision car sa seule obligation consiste à motiver sa décision en fonction des critères posés par la loi et des données de l’espèce. À ce titre, il n’existe pas de violation du principe du contradictoire s’il ne mentionne pas dans sa décision qu’il se réfère à un barème préétabli car le barème en question ne s’impose ni aux parties ni au juge lui-même qui doit s’assurer des conditions d’application de la loi et statuer sur la demande formulée (…).

(…) La solution dégagée par la Cour de cassation dans cet arrêt du 23 octobre 2013 est très explicite : le juge familial doit impérativement, concrètement et seulement apprécier les capacités contributives des parents et les besoins de l’enfant pour fixer la contribution alimentaire sans qu’il puisse faire référence à une table annexée à une circulaire dont les montants de contribution restent prédéterminés.

REPENSER LE RÔLE DU JUGE EN MATIÈRE DE PENSION ALIMENTAIRE

Si cette solution rendue par la Cour de cassation est indiscutable sur le plan de l’orthodoxie juridique, elle constitue assurément une provocation. En effet, dans l’optique du projet de loi « famille » (…) et les réflexions actuelles sur le juge du XXIe siècle, la question de l’office du juge en matière des pensions alimentaires se pose désormais avec acuité. Il serait temps, à l’instar de nombreux pays étrangers, d’organiser des méthodes administratives de fixation des contributions à l’entretien et à l’éducation des enfants en fonction de tables de référence à charge d’appel devant le juge. Cette contribution ne serait alors discutée qu’à la condition de justifier que l’application de la table de référence se révélerait injuste ou inappropriée (V. Les conditions procédurales de l’utilisation des barèmes en matière de pension alimentaire – l’apport du droit comparé : AJF 2007, p. 428, J.-C. Bardout). Ce serait permettre aux juges du fond de retrouver pleinement son office pour les cas les plus litigieux… C’est d’ailleurs le périmètre du juge qui doit être aujourd’hui retravaillé par le législateur (…).

Eric Bazin discute encore la question de la prise en compte ou non des charges.

« En conclusion, l’arrêt rendu par la Cour de cassation le 23 octobre 2013 met l’accent sur la nécessité de modifier ardemment la fixation des pensions alimentaires en France. À l’heure d’une justice familiale asphyxiée, la question d’une fixation administrative des contributions à l’entretien et à l’éducation des enfants mérite d’être étudiée.

Éric Bazin, La Semaine Juridique Édition Générale n° 49, 2 Décembre 2013, 1269

pour consulter le document complet, cliquez sur le lien :

Jean-Claude Bardout, la cour de cassation et le barème

table 2015HARMONISER LES JURISPRUDENCES

Tout en approuvant la nécessité pour le juge de motiver sa décision en fonction des ressources des parents et des besoins de l’enfant, Jean-Claude Bardout rappelle l’utilité de la table de référence : pour l’harmonisation des jurisprudences, pour la prévisibilité et la compréhension des décisions. Il précise  le fonctionnement de la table en cas d’exercice par le parent débiteur d’un droit de visite et d’hébergement régulier pendant lequel il prend en charge en nature les frais d’entretien des enfants.

Extraits

« (…) L’existence d’une table de référence des pensions alimentaires constitue une aide précieuse pour les familles et pour leurs avocats, en favorisant la formalisation d’accords ou de convention parentale et leur homologation par le juge. En cas de contentieux, la table fournit des repères objectifs de discussion, que le juge tranchera. L’existence de références économiques objectives facilite également l’acceptation des décisions et, tel est le vœu unanimement partagé, leur exécution spontanée.

L’autorité d’une table diffusée par simple circulaire est celle que lui donnent les parties qui s’y réfèrent, parents et avocats, et celle que lui confèrent les juges qui y trouvent un moyen d’unifier leurs jurisprudences sans rien perdre de leur pouvoir de décision. Cela étant, la consécration légale de la possibilité pour les parties et le juge de se référer à un tel référentiel, sans modifier le pouvoir d’appréciation du juge, aurait l’avantage de clarifier les débats et sécuriser les décisions judiciaires prises en ce domaine sensible. »

LA CHARGE DE L’ENFANT PENDANT LE DROIT D’ACCUEIL

Second point abordé dans ce commentaire : la cour d’appel d’Agen avait estimé que «l’exercice d’un droit d’accueil restreint augmente, de façon non négligeable, les charges du parent au domicile duquel l’enfant réside ». Or la cour de cassation critique la cour d’appel s’être fondé sur un élément non prévu par la loi. Le code civil, en effet, dit que la contribution doit être fixée en proportion des ressources des parents et des besoins de l’enfant.

« La table de référence préconise, en effet, des montants de contribution moins élevés lorsque le parent débiteur de la pension exerce un droit d’accueil classique.

En cas de résidence alternée, les temps de résidence de l’enfant se partagent souvent de manière équitable, même si cela n’est pas une condition posée par la loi. Dans la pratique, chacun des parents assume directement la moitié des frais d’entretien de l’enfant, tandis que les frais communs (scolarité, activités, vêtements) sont partagés, selon l’accord des parents, par moitié ou en proportion des revenus. La loi prévoit en outre la division du quotient fiscal et le partage des allocations familiales, sauf accord contraire. Mais, lorsque l’un seulement des parents prend à sa charge l’ensemble des frais communs, une pension est parfois sollicitée et mise à la charge de l’autre parent pour contribuer aux frais communs.

En cas de résidence habituelle chez l’un seulement des parents, un droit de visite et d’hébergement est fixé au profit de l’autre parent. Ce droit est fréquemment règlementé selon un rythme régulier, par exemple : une fin de semaine sur deux et la moitié des vacances scolaires. Dans ce cas, l’enfant réside environ 75 % du temps avec le parent chez qui il a sa résidence principale et 25 % du temps avec l’autre parent. Le parent qui exerce un tel droit d’accueil assume donc directement et en nature des frais d’entretien (nourriture, loisirs, logement).

C’est cette réalité qui est prise en compte par la table de référence, en prévoyant que le parent qui accueille régulièrement l’enfant à son domicile contribue pour partie, en nature, et pour partie, par une pension alimentaire. Le montant de cette pension est, dans la table de référence, diminué (de 25%) pour tenir compte de cette participation. Il n’est donc pas exact de dire que la contribution qui n’exerce qu’un droit de visite restreint (ou n’accueille jamais l’enfant) est augmentée, comme l’a avancé la cour d’appel. Le montant recommandé par la table dans ce cas correspond au contraire à la contribution du parent débiteur définie en fonction de ses revenus compte tenu des besoins de l’enfant. C’est au contraire la pension alimentaire du parent qui exerce régulièrement un droit de visite et d’hébergement qui est diminuée de 25 %, pour tenir compte de sa contribution en nature.

L’article 373-2-2 du code civil prévoit cette possibilité en énonçant que la contribution peut « en tout ou partie prendre la forme d’une prise en charge directe de frais exposés au profit de l’enfant ». La table de référence favorise donc une application de ce principe, en déduisant du montant la pension alimentaire la prise en charge directe des frais d’entretien exposés par le parent qui exerce un droit d’accueil au profit de l’enfant. » (…)

LES AUTRES CHARGES SUPPORTÉES PAR LES PARENTS

Un troisième point est abordé dans ces commentaires, celui concernant les charges exposées par les parents; la cour de cassation rappelle à cet égard qu’il incombe au juge de fixer le montant de la contribution en considération « des seules facultés contributives des parents de l’enfant et des besoins de celui-ci ». Les diverses charges payées par les parents ne constituent pas, en effet, un moyen légitime de se dispenser de participer aux dépenses engagées pour l’enfant. L’obligation alimentaire est prioritaire sur toute autre.

Source : Jean-Claude BARDOUT, commentaires parus dans la revue mensuelle Droit de la famille – Lexisnexis Jurisclasseur, décembre 2013 p 44.

sur le même sujet voire l’éditorial et commentaire sur le blog Dalloz

Claire Neurinck, la cour de cassation et la table de référence

table 2015

MOTIVER LE JUGEMENT EN FONCTION DES FACULTÉS CONTRIBUTIVES

Dans une courte note publiée sous l’arrêt de la 1ère chambre prononcé le 23 octobre 2013, la professeure Claire Neirinck de la faculté de droit de Toulouse, approuve la cour de cassation pour avoir rappelé aux juges qui utilisent, pour fixer le montant de la contribution aux frais d’éducation et d’entretien, la table de référence publiée par circulaire ministérielle que la loi leur impose de motiver leurs jugements en fonction des « facultés contributives » des parents et des besoins de l’enfant. Une circulaire ne peut remplacer la loi.

Voici quelques extraits de cette note, parue dans la revue mensuelle Droit de la famille – Lexisnexis Jurisclasseur, décembre 2013 p 44.

« Antérieurement, les besoins de l’enfant créancier de l’obligation d’entretien n’entraient pas en ligne de compte : il bénéficiait automatiquement du train de vie de ses père et mère. (…) Depuis la loi du 4 mars 2002, son calcul repose sur les ressources des parents débiteurs et les besoins de l’enfant créancier (C. civ., art 371-2). Mais ce calcul n’est pas simple à établir et il prend du temps. Aussi, pour faciliter et unifier le travail des juges aux affaires familiales, la chancellerie a mis au point une table de référence annexée à la circulaire du 12 avril 2010 (Circ. CIV/06/10, 12 avr. 2010).

(…) La table de référence propose, on le comprend, une approche économique théorique, identique pour tous les enfants, indifférente à leur rang dans la fratrie, à leur âge, à leurs besoins effectifs… Le « coût de l’enfant » est ensuite appliqué sous forme de pourcentage, en l’occurrence 18%, aux revenus du parent débiteur de la pension alimentaire. Enfin, ce pourcentage est pondéré en considération du temps de prise en charge de l’enfant, selon qu’il s’agit d’une résidence alternée ou d’un droit de visite plus ou moins large. Ce système (…) ignore les spécificités de chaque dossier.

(…) On ne peut en conséquence que se réjouir de ce sobre arrêt qui réintroduit le droit dans le calcul de l’obligation d’entretien exécutée sous forme pension alimentaire. La Cour de cassation, en effet, sanctionne l’arrêt rendu par la cour d’appel d’Angers pour avoir justifié par la table de référence le montant de la pension alimentaire mise à la charge du parent débiteur. Comme l’énonce l’arrêt, le fait qu’elle soit annexée à une circulaire ne lui confère aucune valeur normative, les circulaires en étant elles-mêmes dépourvues dans l’ordre judiciaire. La Cour de cassation rappelle ainsi fermement aux juges aux affaires familiales que la loi leur impose de motiver le montant de la contribution d’entretien qu’ils fixent par des considérations tirées des seules facultés contributives des parents et des besoins de l’enfant ».

La table de référence et la cour de cassation

table 2015

COUR DE CASSATION, LA CONTRIBUTION ET LE BARÈME

(…)

Vu l’article 371-2 du Code civil ;
Attendu, selon l’arrêt attaqué, que Marion est née le 25 octobre 1999 de M. X. et M me Y. ; qu’après leur séparation, celle-ci a saisi le juge aux affaires familiales pour que la résidence habituelle de l’enfant soit fixée à son domicile, qu’un droit de visite et d’hébergement soit attribué au père et que soit fixée la contribution de celui-ci à l’entretien et à l’éducation de l’enfant ;
Attendu que, pour condamner M. X. à verser une contribution à l’entretien et à l’éducation de l’enfant, l’arrêt énonce, d’une part, que la table de référence « indexée » à la circulaire du 12 avril 2010 propose de retenir pour un débiteur, père d’un enfant, disposant d’un revenu imposable de 1 500 euros par mois et exerçant un droit d’accueil « classique » une contribution mensuelle de 140 euros, d’autre part, que l’exercice d’un droit d’accueil restreint augmente, de façon non négligeable, les charges du parent au domicile duquel l’enfant réside ;
Qu’en fondant sa décision sur une table de référence, fût-elle annexée à une circulaire, la cour d’appel, à laquelle il incombait de fixer le montant de la contribution litigieuse en considération des seules facultés contributives des parents de l’enfant et des besoins de celui-ci, a violé, par fausse application, le texte susvisé ;
Par ces motifs : casse et annule, mais seulement en ce qu’il a fixé à 140 euros par mois pour la période du 28 décembre 2010 au 13 février 2012 le montant de la contribution de M. X. à l’entretien et à l’éducation de l’enfant et à 180 euros par mois cette même contribution à compter du 13 février 2012, l’arrêt rendu l’arrêt rendu le 13 février 2012, entre les parties, par la cour d’appel d’Angers ; remet, en conséquence, sur ce point, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Rennes (…).

Référence : Cass. 1ère civ., 23 oct. 2013, n° 12-25.301 : JurisData n° 2013-023208

Comparative Law and Practices in Child Maintenance

Drapeau-du-monde

By Jean-Claude Bardout

I – Guidelines are common in the world to help judges or administrations to determine child support amounts

The use of guidelines is common and mandatory in a great number of countries: Norway, Finland, Sweden, The Netherlands, Great-Britain, Canada, The USA, Australia, New-Zealand… It is also common practice in some others : Germany, Belgium and Switzerland.

Belgium

There are no mandatory guidelines in Belgium, nevertheless many judges make use of a method established by Roland Renard 2 in 1986, based on the data of the Belgian Institute of statistics. Computed by Pierre Wustefeld 3, judge, in 1990, this method was diffused by the Belgian family court judges, even in France. This table inspired the proposition of a Bill written by Messrs. Wathelet and Viseur, deputies from the House of Representatives of Belgium (Chambre des représentants de Belgique), the 19th may 2004, stating that “the King determines the ratio of proportionality to apply to the total incomes depending on the number of the children and their age”.

Switzerland

There are no mandatory guidelines in Switzerland. However, since 1974, the Zurich cantonal board of Youth (Office cantonal de la jeunesse de Zurich) has recommended some guidelines for this aim. The Zurich guidelines (tabelles zurichoises) are used in several counties (cantons), but the amounts are reduced from 25% in Fribourg to 30 % in Valais 4. In the Canton de Vaud, or in Jura and Bern, the method of percentage is applied : for example 15 % of the debtor’s income for one child in the Canton de Vaud (17% in Bern), 25 % for two children (27 % in Bern) and 30 % for three children (35% in Bern). In fact, according to a Swiss judge: « there are almost as many methods to calculate a contribution as there are judges »5.

Norway

Guidelines are commonly used in many Northern European countries. In Norway, a table has existed since 1989, in line with the methods applied in Russia and in other states from the North of Europe: a percentage of the debtor’s income (one child: 11 %; two children: 18 %; three children: 24 %; four children or more: 28 %). A more elaborated formula was adopted in 2001. In case of discord between the parents, the child maintenance amount is administratively established by the local social services office.

Denmark

Parents may agree on the amount of maintenance. In case of litigation, this amount is established by an administrative body according to a value of reference published by circular letter from the Ministry of Social services.

Germany

The Court of Düsseldorf brought out guidelines named “Düsseldorfer Tabbelle6. These guidelines, regularly updated, don’t need to be promulgated by the Parliament to be a standard in the German courts. They are based on the common situation of a single-parent family with two children. Their adaptation to other cases is left to the judges’ discretion in relation to the recommendations (Anmerkungen) added to the table. The Court of Berlin elaborated their own guidelines in compliance with the economical situation of east ex-Laanders.

In addition, since 1998, the German civil code prescribed that the Child maintenance amount can be rendered in a percentage of a reference amount (“Prozentsatz des jeweiligen Mindestunterhalts”) depending on the age of the children and the parents income. The ministry of Justice enacted such a table of references for the first time in July 1998. These references are updated every two years by statute, which cause the automatic revision of the maintenance fixed by previous judgements. These guidelines give six rates depending on the ex-Laänders and the children’s age. If the pension which is reclaimed is below or equal to one and a half the basic rate, the amount depends on a simplified written procedure, without the intervention of a judge.

Canada

The federal guidelines for the calculation of child maintenance were modified in May 2006, with an update of the federal tables. The amount of the pensions is established according to a percentage of the debtor’s income after tax. A study carried out in Quebec before the adoption of the table considered that amounts varied, at a level of equal income, up to double the standard amount according to the jurisdictions. Certain territories or provinces have their own guidelines, such as Manitoba, New-Brunswick and Québec7. The Québec method was revised in may ‘978.

The United-States

Before the application of the guidelines, a study concluded that it is impossible to give a rational explanation for the differences noticed in the amounts set by the judges (the amount varied from 6 to 41 % of the debtor’s income for one child). This is one of the reasons which led to the promulgation of the Uniform interstate Family Support Act in 1988. The others motives were: the will to reduce the outstanding payments and to tackle poverty in single-parent families9.

The Family Support Act incited the states to enact guidelines, while leaving them free as to the method and procedure. This generated a great emulation which boosted the development of theoretical studies about the method and provoked heated debates.

These tables are of legislative or administrative origin or promulgated by the supreme court of the State. They may be criticised before the court. They generate some judicial counter-expertises and case law. The diversity also exists in the proceedings: exclusively judicial or administrative but with an appeal before a judge.

Australia

Australia benefits from twenty years of experience in this matter because its first formulae was enacted in 1988 and worked on the principle of a percentage of the debtor’s income. The child support is determined by an administrative body, the Child Support Agency.

Its decisions are subject to an appeal before a court, the Social Security Appeals Tribunal10. The Australian guidelines were amended in 2006, after a series of economical and methodological studies. Henceforth, the formulae also take into account the time the non resident parent shares with the children; it recommends a lesser proportion for high incomes.

New-Zealand

The 1991 Child Support Act entrusted an administrative body, The Inland Revenue Child Support, to determine the amount of the child maintenance in accordance with The Child support formula. The contribution is calculated according to the paying parent’s gross income, reduced by a statutory fixed amount for the living allowance, multiplied by a proportion which varies depending the number of children: one child; 18 %; two children: 12 %; three children: 9 %, etc. The percentages vary in case of split custody or care sharing.

Great Britain

The 1991 Child Support Act created four distinct formulas depending on the level of the paying parent’s income, applicable to parents who ask for the Child Support Agency services. This agency, in charge of the calculation, collection and redistribution of the pensions, was exceeded by its success. The agency accumulated so many delays that a complete overhaul of all this system was decided in 2005, the first applications of which came into force at the beginning of 2008. Meanwhile, a reform of tables had been adopted in 2003.

The reform followed several orientations: 1) to simplify the formulas; 2) to support private agreements; 3) to combine the pensions paid by the parents with the social allowances distributed by the State (the payment of child maintenance didn’t imply, as in France, the suppression of the allocation). The child support award is determined in proportion of the debtor parent’s net income, after deducting taxes, insurances and retirement subscriptions. To quote only the main formula, named Basic rate, the contribution starts at 15 % of the debtor’s revenue, for one child; 10 % per child, if there are two children; 8,3 % per child for three children or more.

II – To tackle the problems shared all over the world to determine the amount of child maintenance, the solutions are often quite similar

1) How to estimate the cost of a child?

The first stage in determining the parental contribution is to estimate the child’s needs, which means a cost. The guidelines are set on statistical studies of the child’s everyday living cost and the household budgets. A method prevails for that purpose: the method of the consumer units11. Indeed, the formula of the average household budget, which (contrary to the former) aggregate all the expenses appropriates to bringing up a child, determines only a standard or an ideal; it doesn’t determine what the contribution of a parent in a specific case should be.

This is why, whatever the method used to calculated the contribution of each parent, the method used to calculate the cost of the child is always that of the consumer units. This method also tends to define a decreased percentage depending on the number of the children. Almost all guidelines and formulas studied determine, all other factors being the same, an amount per capita which is lessened while the number of children in care increases. The saving’s scales explain that result. If this is not the case, as in the Düsseldörfer Tabelle which is applied for a family with two children, the judge must adapt the recommended amount to the case.

2) How to determine the parental contribution?

The answer to that question cannot be given only with economical data. The way guidelines are conceived also reflect a certain vision of family solidarity, or a conception of marriage and the couple, or even the mother’s and father’s roles. This is shown by the heated debates between supporters and critics for or against the Percentage of Income or the Income Shares model in the USA.

The Percentage of Income (also called model of Wisconsin, because that State was the first to apply it12) is based on a percentage of the paying parent’s income, in accordance with Van der Gaag’s research13 (…). The Income Shares Model is based on a theoretical parental contribution, shared between the two parents in order to assure the child the same proportion of parental resources as when the family was united. Therefore, thus model contains a certain moral dimension14, which enters into conflict with the economical realities of the separated family : in fact, the break-down of the parental couple induces a diminution of the standard of living, due to the duplication of expenses.

The Income Shares Model is also criticised because it would include a compensatory alimony for the custodial parent in guise of child maintenance15. This formula would blend two different institutions, the first one, focused on the solidarity between husband and wife, the second one, dedicated to the child support obligation. It also has another defect: a certain degree of complexity in its application. We lose in bureaucracy what we gain in judiciary time. However, this model also has its partisans. It is applied by around thirty States, for example Connecticut16. Let us specify that, due to mutual enrichments, in the end, each model integrate some elements of the other.

3) Does the income of the (new) partner or husband justify a reduction to the child maintenance?

The consideration of the mother’s new partner or new husband’s income, when she has child custody, was criticised because this meant that, in fact, the mother was penalised if she chose not to live alone. Finland formally abolished the provision which stated a child maintenance reduction in the case of the cohabitation of the mother (‘reduced guaranteed maintenance’ for cohabiting parents with care)17. Such a penalisation is both excluded of all formula based on a proportion of debtor’s income, as with the advisory guideline experimented in Toulouse (France).

4) What sort of expenses justify a reduction to the contribution?

This question raises much reflection. Some methods strive to list all sorts of expenses, meticulously distinguishing between deductible and non deductibles; some of which are sometimes partially retained at a certain percentage, like in Great Britain for mortgages. It results in practical complexity and, even, a rough result or unfairness. Indeed, as remarked by a Belgian judge: “deducting the rent of the house, the loans on the car and the television or the usual litany of claimed expenses”, would conduct to reduce their income while this is the element in proportion to which the parental obligation must be calculated 18.

The judge Elwood F. Melson from the Family court of Delaware formulated a method which became case-law, to resume a fair appreciation of the parental charges. According to Melson, any contribution is impossible until the debtor’s own basic needs are met; consequently, a sum is deducted from the parents income, for their Poverty self-support reserve. After that, the priority has to be given to the child’s needs until the parents meet the basic poverty level needs of the children. Finally, while the children are above the poverty level, the parents should share their additional income with their children, improving their children’s standard of living as their own standard of living improves.

Several countries have adopted the rule of the self support reserve deduction. Thus, the application of the guideline is less tedious; the contribution is fairly defined, in as far as it does not decrease depending on the unilateral expenditures made by the debtor.

In New-Zealand, the guidelines define a standard of regular expenses to be deducted from the taxable income. This standard is equivalent to the living allowance which varies depending on the marital situation of the debtor and the number of children in care.

In Quebec, the guidelines for the determination of child maintenance (Lignes directrices pour la fixation des pensions alimentaires) apply a standard deduction of $10,100 to the gross parental income, plus the deduction of the trade-unions fee, to determine the available parental income.

In Australia, the Costs of children table determines the child maintenance according to the total taxable income after deducting a standard for personal means of subsistence.

The table experienced in Toulouse (now applicable in France) recommends, similarly, the deduction of a standard corresponding to the French social benefit (Revenu de solidarité active); while advisory, this guideline allows the taking into account of special expenses.

5) Should we consider the expenses of children born from a new relationship?

Should we refuse to take into account the cost of raising children from another relationship? Most of the guidelines take these expenses into account, whether the children are born from a previous or posterior relationship, no matter the filiation. This rule is recommended by numerous tables, for example, the Indiana Guideline.

In Great Britain, when a parent must pay maintenance to several parents, the amount is calculated for all children and then divided between the parents with custody in proportion to the number of children concerned. If the paying parent has, in addition, the custody of one or more children, a percentage is deducted from his net income to take this charge into account before any calculation: 15 % of the net income is deducted for one child in care; 20 % for two children; 25 % for three children.

In Australia, the guidelines which have been in application since 2008 take into account the existence of children born from a previous union or a new one; the children who live in a recomposed family, even if they are born from different parents, should be considered equally.

In New Zealand, the self support living amount deducted from the paying parent’s taxable income increases in the case of children in their care. The percentage applied to determine the contribution for the children for which they don’t have custody is then reduced.

The guideline applied in the jurisdictions within the competence of the Court of Appeal of Toulouse19 determines the amount due for the maintenance of each child living with the other parent by retaining the percentage recommended for the total number of the debtor parent’s children, including the children for which the debtor has custody.

6) Does the child maintenance vary according to the age of the child?

The guidelines bring varied answers to this question. Roland Renard came to the conclusion of a quasi-linear evolution for the children’s needs: those of the eighteen-year-old teenager were almost double those of the child under one. Nevertheless, this observation wasn’t confirmed by the recent research from the University of Liège, which concluded in a steady cost from 0 to 11 years old and an increase at the age of adolescence20.

The Swiss « Tabelles » from the Zurich cantonal board of Youth include two caesuras, the first at 6-7 years old, the other at 12-13. The guidelines established by the Court of Düsseldorf conclude to three caesuras: 0 to 6 years old; 7 to 12; 13 to 18; above 18.

In Australia, the caesura is set at 12-13. It is stated that teenagers will generate higher costs than children. However, considering the fact that the families are often composed by children under and above 13, the guidelines recommend average set percentages in this case.

The French guideline holds this last solution: a uniform proportion whatever the ages, which has the advantage of not discriminating siblings and avoids repetitive submissions of the same case before the judge.

7) Can the parent who receives the child at home reduce his own expenses?

The will to protect the relations between the child and the two parents brought several countries to amend their guidelines to take into account the non custodial parent’s contribution in kind. The question was subject to specific studies in Australia21.

Confronted with the breakdown of the relations between many fathers and their children, Australia took diverse measures to try to reverse this tendency. The consideration of the expenses assumed by the fathers when the children are staying overnight is one of them.

Fathers are financially encouraged to have their children to stay with them. The child support amount is corrected depending on the time spent with each parent.

A specific table (Table B: Shared Care) determines the percentage of the child maintenance in kind which is presumed to be given depending on the number of nights spent with the non custodial parent during the year (up to 51 nights: 0%; 52 to 126 nights: 24%; for each night beyond the 127th: 25 % + 0.5 %; 127 to 175 nights: 40%; 176 et 182 nights: 50 %).

In Indiana, the Child Support Rules And Guidelines make provision for the child maintenance in kind by applying a Parenting Time Credit. The custodial Parent doesn’t benefit from any reduction if the nights with care are less than 52.

Beyond this level, the Indiana method considers that 50 % of costs are duplicated between the two parents; consequently there is no reduction for the parent with main care; the cost sharing only concerns the remaining 50 %.

An American case law should be quoted on this subject. In the Sweat v. Sweat decision, a mother, divorced in 1998, contested the contribution which she had to pay to the father who had the main care of their three children.

The contribution was set according to Georgia’s Child Support Guidelines applicable in this state, at a total amount of 25 to 32 % (for three children) of the non custodial parents’ income.

The mother contested this amount, set by the Child Support Agency, and asked for his annulment. Atkinson Court judged22 that these guidelines didn’t meet the constitutional requirements of equality, non gender discrimination, property rights, lawfulness etc. because the mother was obliged to pay a contribution which was beyond her means, surpassed the basic needs of the child and didn’t take her contribution in kind into account.

The Court however recognised that the principle of the guidelines met a legitimate governmental objective, namely to give a rational base to the calculation of the respective contribution of each parent.

In Wisconsin, the Shared-Placement guidelines apply to the debtor who cares of the child 92 days or more. In Delaware, the 2006 revised guideline include a Parenting Time Adjustment23 to reduce the contribution depending to the number of nights the child live with the non custodial parent.

Number of nights

< 110

110-132

133-150

151-164

165-174

> 174

Reduction

0 %

10 %

20 %

30 %

40 %

50 %

In Quebec, if a non custodial parent (« le parent visiteur ») has their children from 20 to 40 % of the time, the child maintenance amount has to be shared in the same proportion. If the child stays between 40 and 60% of the time, this is called “résidence alternée” (split custody).

Roland Renard’s Belgian guideline incorporates the part of expenses in kind spent by the non custodial parent who has his children at home. Thus, the child maintenance takes both the shape of an amount paid to the parent with main care and of maintenance in kind.

The British guidelines reduced the child maintenance in the case of the paying parent taking care of their child at least one night a week (or 52 nights a year).

In this case, named Shared care, the child maintenance is reduced by 1/7. If the non custodial parent takes care of the child two nights a week, the child maintenance would be reduced by 2/7. If the care is shared equally, the contribution is reduced to half of the amount plus £7 per week and per child.

In New Zealand, when the child stays 146 nights or more (at least 40 %) with the non custodial parent, the child maintenance is reduced from 33 % for one child, 25 % for two children, 22 % for three children, 20 % for four children etc.

Thus, we notice a similar principle whatever the variety of the methods employed (also applied in the French guideline). The cost of caring for the child during the visiting time by the non custodial parent is not ignored.

8) What to do in case of insolvency?

Should the poor parent be relieved of paying any child maintenance?

In Great Britain, specific rules were applied for parents with low incomes. If the paying parent receives less than £5 a week is a student, in jail or in hospital, he is exempt of any payment.

If he receives between £5 and £100 a week, he owes a standard sum of £5. This amount is deducted from his social benefits (Jobseeker’s Allowance, Employment and Support Allowance).

In Australia, each parent owes a $6 minimum per week. Coordination is established between the social allowance and the child maintenance obligation.

In New Zealand, the minimum is $14, 40 a week. It is frequent that a token amount is claimed from the non custodial parent so as not to exclude him from family liabilities.

The social Benefits and the child maintenance are often combined to avoid threshold effects. Great Britain reformed its system in this way: the parent with care is allowed to keep the first £20 a week of child maintenance paid, in order not to discourage the involvement of the parent with modest income.

9) What to do in case of a totally or partially false declaration, or silence?

A guideline is of no use if incomes are not declared.

In Great Britain, the parent who does not justify his resources will be subject to a Default maintenance decision. They will, temporarily, have to pay a weekly standard amount of £30 for one child, £40 for two children, and £50 for three children. If the debtor later proves his income, a new decision is made, without retroactive effect.

In Australia, the parent who deliberately minimises their income or declares an income manifestly lower than they really have must pay a set amount of $20 per week and per child until they prove the reality of their revenue.

What to do in case of false or apparently incomplete statements24? In Indiana, the judge takes the potential income, the work history, and the parent’s average salary in the past into account to determine the level of the debtor’s potential income.

In Great Britain, if the debtor’s lifestyle betrays an income apparently superior to that declared, the agency is allowed to deviate from the table. Furthermore, the law prescribes a £1,000 fine in the case of a false statement.

10) The guidelines and the judge’s discretion

The existence of guidelines does not seem bound to a procedural choice, because they are, according to the countries, applied by the administration, the judge or the parents themselves.

The tables and guidelines seem to encourage agreements by mutual consent, even if differences remain in the way these agreements are enforced. In the absence of such agreements, the amounts will be set either by an administration, or by a judge.

In Great Britain, Australia, New Zealand, Norway, and in some states in the United States, the task of determining the child maintenance is given to an administrative agency: the Child Support Agency in Great Britain and in Australia; the Stasamt in Denmark; and the Inland Revenue Child Support in New Zealand. However, even when the amounts are set by an administrative agency, these decisions can be revised in appeal before a judge.

In Great-Britain the parent has the right to ask the Child Support Agency for a revision of its decision and can also appeal against the decision before the Tribunal Services.

The enforcement against the debtor may be disputed before a magistrate’s court in England and Wales and a sheriff court in Scotland. The parents have the right to call upon a magistrate’s court when the income of the debtor parent exceeds £2,000 per week or demand approval of mutual agreement, possibly drawn up with the assistance of the Child support service.

Contrary to France where the competence of all family disputes are given to the same jurisdiction: the family judge (juge aux affaires familiales), the British system does not avoid the dispersal of the procedures.

In Austria, Germany, Belgium, Sweden, Canada, and in some American states, the courts have jurisdiction, even in the first instance. Even when a guideline is mandatory, the judge has the power to deviate from it.

In the United States, the amounts recommended by the table are rebuttable presumption. The judge can deviate from the table, by written finding.

In Canada, the judge has to deviate from the table when its application would cause an inequitable or inappropriate result. In Australia, the decisions of the Child Support Agency may be appealed before a specialised court, the Social Security Appeals Tribunal.

In New Zealand, the child maintenance set by the administration can be revised by an independent mediator (review officer), then argued before the Family Court.

As we can see, the possibility of deviating from the recommended amount is a constant rule, even if it takes diverse forms. When the amount of child maintenance is set exclusively by an administrative body, like in England and Wales, the guidelines allow some variations, for example to take extra costs into account, like the costs of keeping in contact with the children if the parent with care has moved a long way away, for boarding-school fees, or for supporting children if they have disabilities.

Deviation from the formula can also be justified when: repaying a debt contracted before the separation from the parent with care if it is for the benefit of the family or paying the mortgage on the home if the children still live in the house. When determination of the child maintenance is to be set by the judge, he can always deviate from the guidelines.

In summary, to adapt the guideline to specific cases the most generalised means remains the appeal to the judge. The sovereign power of the judge is not the antithesis of the method but the guarantee that it is applied correctly25.

Conclusion

The study of the guidelines applied all over the world is full of lessons. To answer the challenge of the determination of fair child maintenance when the parents lived separately, several solutions have been looked for and tried out.

Some of them showed their utility, like the methods which allowed the estimation of the cost of the child and defined a fair contribution from the non-custodial parent. Others alert us of the stumbling blocks to avoid: the first one consists of wanting to elaborate a sophisticated formula, with the ambition to apprehend the totality of the reality. The guideline must be simple, easy to understand and use.

The parents must be able to refer to or discuss it. Their lawyers should have the possibility of using it to reach a private agreement, to plead for a deviation. The judge must use his discretion.

1 The original version was edited in French by Juris-Classeur-Lexis Nexis in Droit de la famille, mars 2010, dossier 2. The English translation was supervised by Stephanie Bean

2 La méthode Renard aux portes de la loi, Actes du colloque du 11 décembre 2008, éditions Larcier, Bruxelles, 2009, 123 p.

3 RENARD Roland, WUSTEFELD Pierre-André, SERRA Raoul, Proposition de contribution alimentaire, Méthode Renard pondérée et informatisée, Louvain la Neuve, 2002

4 Recours contre un arrêt du Tribunal civil de la Gruyère du 17 février 2009, cf. http://jumpcgi.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=14.07.2009_5A_216/2009

5 Propos attribué à Françoise Bastons Bulletti, présidente du Tribunal de la Sarine, Suisse

6 http://www.olg-duesseldorf.nrw.de/

7 Le modèle québécois de fixation des pensions alimentaires pour enfants, Ministère de la Justice Québec, 2006, 14p.

8 La table de fixation de la contribution alimentaire parentale de base du Québec après la réforme du 1er mai 2007 :

http://www.justice.gouv.qc.ca/FRANCAIS/publications/generale/table07.htm

9 GARFINKEL Irwin, Assuring Child Support, An extension of Social Security, Russel Sage Foundation, New York, 1992

10 Reforming Australia’s Child Support Scheme, Summary Report of the Ministerial Taskforce on Child Support, Australia

11 cf. Cécile Bourreau-Dubois, Analyse économique, in Une table de référence pour fixer le montant de la contribution aux frais d’éducation et d’entretien des enfants, Droit de la famille, LexisNexis JurisClasseur mars 2010

12 Guidelines for Setting Child Support Payment Amounts

cf.http://dwd.wisconsin.gov/dwd/publications/dws/child_support/dws

13 Jacques van der Gaag, On measuring the Cost of Children, in Children and Youth Services Review, Vol 4. pp.77-109, Pergamon Press Ltd, 1982, USA

14 Basic principles, in Child Support and Arrearage Guidelines, State of Connecticut, August 1, 2005, p. ii

15 JOHNSTON James R., The Father of today’s child support public policy, his personal exploitation of the system and the fallacy of his income shares model, August 1998

16 Child Support and Arrearage Guidelines, State of Connecticut, Commission for Child support guidelines, Effective August 1, 2005

17 Recent Trends in Child Maintenance Schemes in 14 Countries, Christine SKINNER and Jacqueline DAVIDSON, International Journal of Law, Policy and the Family, Vol. 23, No. 1,[2009]. Published by Oxford University Press.

18 L’argent et la famille disloquée, une méthode de calcul des contributions alimentaires des père et mère au profit de leur enfant, août 2003, 19p.

19 applicable in France since the 12 April 2010

20 E. Bonsang, M-T Castaman, G. Gérin, P. Pestieau, Les contributions alimentaires pour les enfants, Université de Liège, 31 janvier 2007

21 HENMAN Paul, MITCHELL Kyle, Estimating the Cost of Contact for Non-resident Parents : A Budget Standards Approach, Jnl Soc. Pol, 30, 3, 495-520, United Kingdom, 2001 Cambridge University Press

HENMAN Paul, Updated Costs of Children Using Australian Budget Standards, University of Queensland, May 2005

22 Sweat v. Sweat, Superior Court of Atkinson County, State of Georgia, 25 février 2002

23 The Family Court of The State of Delaware, Delaware Child Support Formula, Evaluation and Update, October 2, 2006

24 a EU study (July 2nd, 2004) estimated the undeclared work (criminal activity and domestic work excluded) between 7 to 16 % of the EU’s GDP.

25 Jean-Claude BARDOUT, Les conditions procédurales de l’utilisation de barèmes, in Actualités Juridique Famille, Dalloz, novembre 2007